Assemblages maison
Nous sommes assis par terre, la petite et moi, construisons le train Duplo, défaisons le train, cherchons Sam, le conducteur, et refaisons le train. Bien amusant, mais à la longue, si ma présence doit rester active, elle peut exercer une activité parallèle. Je commence à construire ce qui ressemble à de petites sculptures. Pour la première je pinaille, j’accorde les couleurs, corrige; le résultat manque de naturel. Fin du jeu pour aujourd’hui.

Un matin, je m’y remets, encouragé par un empilement réalisé par la petite. (Elle m’imite. Moi qui croyais donner le change en faisant mes petits assemblages, elle avait bien vu que je ne jouais plus au même jeu.) Le sien est très réussi, simple et monolithique, même les couleurs sonnent juste. Je l’ai vu faire: hops, hops, hops, une pièce après l’autre, sans se poser de question inutile. J’essaie de même, y parviens au début, après je commence à trop réfléchir. Je me surprends même à penser à une série, dix, que je photographierais. Tout se contracte, y penser en terme d’utilisation intéressée tue l’affaire. Décide que ces assemblages ne sont faits que pour moi, à la maison. C’est d’ailleurs tout leur intérêt: à côté du quotidien domestique, sans prétention à autre chose.

Les semaines suivantes, la même configuration de jeu s’est plusieurs fois répétée. J’ai besoin de construire quelque chose. Assemble, parfois sans m’en rendre compte, ce qui doit former des accidents de terrain pour une place de jeu, un zoo, un jardin. Une fois, nous jouons au musée, et je construis des sortes de tableaux avec les pièces emboîtées. Sans attention volontaire aux couleurs, ils ne sont pas mauvais. Parfois, je prends rapidement une-deux photos, entre deux appels à venir jouer, ou deux questions de fond (Pourquoi il pleut? Pourquoi la porte de la crèche est bleue?)

 

La Cahute, micro espace d'exposition

 

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une veste
rue de l'Avenir
habiter (peintures)
DU FOND DE LA POCHE
feuilles pliées
opus incertum (livres uniques)